Alternatives au gazon : 10 couvre-sols pour remplacer la pelouse
Des plantes piétinables pour toutes les situations
Sommaire
Un beau gazon, dense et vert, même en été, est un rêve que de nombreux jardiniers ne peuvent atteindre qu’à grand renfort d’arrosages, en particulier en climat sec. Et partout ailleurs, où l’herbe pousse, elle demande de l’entretien : tontes régulières, scarification, fertilisation…
La solution ? Les plantes alternatives au gazon !
Ces couvre-sols vivaces se distinguent des couvre-sols classiques par leur résistance au piétinement, à la sécheresse ou leur capacité à s’étendre spontanément. Écologiques et très faciles à vivre, ces “plantes carpettes” se substituent parfaitement à la pelouse traditionnelle en petit jardin, en formant une jolie moquette végétale.
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Choisir les bonnes plantes pour remplacer le gazon
Tout d’abord, il faut savoir que les plantes proposées comme alternative au gazon supportent toutes le piétinement, mais à des degrés qui diffèrent suivant les espèces. Néanmoins, elles ne sont pas adaptées pour un usage intensif : vous n’obtiendrez jamais la même résistance ni l’aspect qu’un gazon de type “sport et jeux”. Par ailleurs, certaines plantes ne nécessitent aucune tonte alors que d’autres, comme les achillées, auront besoin d’un “petit rafraîchissement” une à deux fois par an.
Pour bien choisir vos couvre-sols, nous vous recommandons de bien évaluer deux éléments essentiels :
- le sol et l’exposition de l’emplacement à végétaliser afin d’opter pour des variétés parfaitement adaptées,
- le niveau de fréquentation des espaces que vous souhaitez aménager en prenant en compte, comme pour une moquette, le niveau de passage (occasionnel, faible, modéré, intensif). Dans le cas d’un passage très régulièrement emprunté, nous vous conseillons d’installer des dalles ou pas Japonais qui vous permettront de ne pas mettre vos plantes à trop rude épreuve, d’une part, et d’élargir la gamme de choix, d’autre part.

Une pelouse de camomille nobile Treneague
Par ailleurs (et même si tout est toujours possible dans l’absolu), notez que ces alternatives sont plutôt réservées aux petits espaces. Si vous souhaitez supprimer le gazon sur des surfaces importantes, nous vous conseillons plutôt d’installer des massifs de type prairie où se mêlent vivaces et graminées.
Les alternatives au gazon pour sol et emplacements secs à très secs
Un sol sec, caillouteux, est le principal obstacle à l’installation d’un gazon classique. Et lorsqu’on y parvient, il est très difficile de lui conserver un bel aspect en été, à moins d’avoir recours à de coûteux arrosages. Heureusement, quelques plantes pourront avantageusement remplacer l’herbe dans ces situations.
Les alternatives au gazon pour sol et emplacements frais à humides
Remplacer l’herbe d’une petite pelouse est également possible en sol plus frais, voire humide ainsi qu’à l’ombre. Même si les graminées y poussent généralement bien, ces plantes tapissantes vous permettront de limiter au maximum l’entretien. Elles sont idéales dans les endroits difficilement accessibles.
Associer ces couvre-sols entre-eux : avantages et précautions à prendre
Toutes ces plantes s’associent bien entre elles, il est même conseillé de les mélanger. En effet, cela permet de :
- former un tapis visuellement plus attractif, en jouant sur les différentes formes de feuillages, les couleurs de fleurs pour les thyms ou encore le pratia (la variété ‘County Park’ offre des fleurs bleu soutenu)
- favoriser une meilleure “résilience” du tapis. Cette notion, souvent employée en psychologie, s’applique également aux végétaux. Elle désigne la capacité des végétaux à se reconstituer après une perturbation important de type sécheresse prolongée ou un piétinement intensif lors d’une “garden party”… Lorsque ces couvre-sols sont associés entre-eux, cette faculté se renforce car les plantes voisines vont aider celles en danger à reprendre des forces, en lui apportant de l’azote, par exemple.
- avoir un effet “vert” sur une plus longue période, en association des plantes qui ont des cycles végétatifs complémentaires.
Pour former une jolie pelouse diversifiée, vous pouvez, par exemple, mélanger l’Achillea crithmifolia et la Lippia nodiflora ou encore plusieurs espèces de thyms, qui formeront un beau camaïeu.
Les précautions à prendre :
Ces plantes sont sélectionnées pour leur capacité à s’étendre en tapis mais elles ne se comportent pas toutes de la même façon : certaines restent sages alors que d’autres ont tendance à s’étendre de manière rapide et vigoureuse, comme le Pratia pedundulata. Au-delà de l’aspect esthétique, leur dynamique un donc élément à prendre impérativement en compte pour éviter que les plantes les plus entreprenantes n’étouffent leurs voisines.

Achillea crithmifolia et Lippia nodiflora en mélange
Bien les installer au jardin : les conditions de réussite
Bien que facile, l’installation de ces couvre-sols ne s’improvise pas. Pour réussir leur implantation, il convient de respecter quelques règles :
1) Soignez la préparation du terrain
Comme pour toute plantation, la préparation du terrain est essentielle. Nous vous recommandons de procéder comme si vous vous apprêtiez à semer un gazon : décompactez votre terre sur 30 à 40 cm, brisez les grosses mottes au croc, désherbez consciencieusement puis ratissez jusqu’à obtenir une surface proche d’un lit de semence.
2) Espacez correctement les plantes
Ne lésinez pas sur la quantité de plantes au m², mais respectez les distances de plantation préconisées (généralement de 20 à 40 cm suivant les espèces). Un écart trop important entre les plantes laisserait des trous. A contrario, plantés trop serrés ; vos végétaux risqueraient de s’étouffer mutuellement.
3) Soignez le désherbage
Les premiers mois qui suivent l’implantation d’un substitut au gazon sont cruciaux, car c’est le moment où les adventices (“mauvaises herbes”) profitent des espaces libres pour s’installer : procédez à des désherbages réguliers pour que vos plantes puissent s’étendre sans rencontrer de concurrence. Notez que ces désherbages ne peuvent se faire qu’à la main : l’usage d’un désherbant chimique (bientôt interdit) n’est pas envisageable. Pour éviter ce désherbage, la pose d’une toile de paillage n’est pas possible : ce n’est recommandé pour aucune plante et encore moins pour ces couvre-sol qui ont besoin d’une terre nue ou paillée très très légèrement, pour pouvoir s’étendre. Un paillage trop épais freinerait l’enracinement des plantes comme le thym.
4) Arrosez-les ponctuellement le premier été
Une fois bien installées, la majorité de ces plantes sont résistantes à la sécheresse. En cas d’été particulièrement chaud, pensez néanmoins à accompagner leur installation en les arrosant ponctuellement.
L'entretien
Le faible niveau d’entretien est l’un des principaux atouts de ce type de pelouse. Néanmoins, quelques opérations, très ponctuelles sont à prévoir.
Elles consistent à :
- un petit désherbage occasionnel, au cas où des adventices parvenaient à trouver un petit espace libre pour s’installer,
- une limitation des plantes les plus dynamiques,
- une tonte une ou deux fois par an, si nécessaire. Cette opération peut s’effecteur à la cisaille, au coupe bordure et même à la tondeuse, pour grands espces facilement accessibles, en réglant la lame en position haute.

L’entretien d’une pelouse d’achillea crithmifolia consiste à une ou deux tontes annuelles, pour supprimer les fleurs séchées.
D'autres utilisations possibles
Nous l’avons vu, ces plantes couvre-sol très rases remplacent avantageusement l’herbe. Elles peuvent aussi s’utiliser dans d’autres situations, comme par exemple, pour :
- créer un jardin sec ou “gravel garden”,
- garnir une rocaille où elles se plaîront entre les pierre et les rochers,
- couvrir un petit talus,
- combler, avec élégance les insterstices des dalles d’une terrasse très naturelle ou d’un jardin à dominante minérale,
- habiller le pied des arbres où le sol est souvent très sec,
- végétaliser une surface pavée, à condition que les joints soient assez larges,
- constituer, en pot ou en auge, des mini-jardins très tendance !
Dans les autres aménagements ces plantes peuvent également être mariées avec des vivaces alpines, des plantes pour rocailles ou de sol sec comme les lavandes, l’armoise, l’armeria maritima… (rocaille, jardins secs et méditerranéens…) et avec des vivaces classiquement destinées aux massifs, en sol plus frais.

Une entrée de garage pavée et végétalisée
Le saviez-vous ?
Dans le langage courant, le mot “pelouse” est souvent utilisé pour désigner le gazon. Mais, en botanique, le terme pelouse ne désigne pas une grande étendendue d’herbe verte mais une communauté d’espèces végétales composée de plantes herbacées basses (20 à 30 cm de haut) mais aussi de petites arbustes. Il existe différents types de pelouses (pelouses calcaires, pelouses dunaires…), toutes abritent une grande diversité.
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