Vous avez beau faire comme bon vous semble, votre jardin n'est qu'un petit morceau emprunté à la nature. Une nature particulièrement mise à mal ces dernières décennies. Et si on se disait, toutes et tous, qu'on transforme tout ou partie de notre bout de terrain en un refuge pour la faune et la flore locale ? Et si... on faisait en sorte de créer des corridors de biodiversité grâce à nos jardins disséminés un peu partout au sein des villes et de nos campagnes ? Et si... les jardiniers étaient la solution pour aider la Nature ? C'est en gros l'idée du livre de Sébastien Heim : La Biodiversité augmentée au Jardin.
Qui est Sébastien Heim ?
Sébastien Heim est un alsacien aussi passionné que passionnant. Moitié insecte, moitié homme (puis re-moitié insecte derrière), il nous livre dans son ouvrage son ressenti, son vécu, mais surtout ses astuces pour améliorer le quotidien des insectes chez soi. C'est l'un de ses anciens professeurs de sciences et de mathématiques (auteur de la première partie de la préface) qui lui a donné, tout jeune, ce goût prononcé pour la Nature. En réalité, Sébastien Heim œuvre depuis des années dans son refuge pour les insectes créé à Obersteinbach en Alsace : le jardin Hymenoptera. C'est en ce lieu, véritable sanctuaire écologique, que Sébastien dispense des visites guidées ou des formations aux écoles, entreprises, associations ou à quiconque voudrait en savoir plus sur la botanique indigène ou les insectes en particulier.
Pour en savoir plus, retrouvez toutes les informations à ce sujet sur son site Hymenoptera.fr. L'auteur est aussi très actif sur Facebook sous le profil : "Hymenoptera, le Jardin Écologique" et au sein du réseau Hortus-France.
Il est à noter que la deuxième partie de la préface est rédigée par une sommité belge concernant les hyménoptères, le professeur Nicolas Vereecken de l'Université Libre de Bruxelles. Sébastien Heim, selon ses propres dires, s'est largement inspiré des travaux du professeur Vereecken. C'est grâce à lui qu'il a pu avancer si loin dans l'étude des hyménoptères. Depuis lors, les deux hommes sont restés en contact pour travailler sur ce thème et se sont même liés d'amitié.
Un livre pour les fous de nature
Un jardin propre est impropre à la vie !
Le livre s'articule en deux parties. Une première partie que l'on pourrait traduire par "tout fout l'camp ma bonne dame !" et une seconde "bon allez, on se retrousse les manches et on fait en sorte que ça aille mieux !".
Un constat alarmant
Sébastien Heim nous fait un rapide, mais bien documenté, tour d'horizon des enjeux concernant la sauvegarde de la biodiversité. Il y aborde les principales causes de la disparition des insectes, mais aussi, et surtout, les conséquences qui en découlent. Passé ce constat, particulièrement déprimant, mais indispensable à lire, plus qu'une chose à faire : Agir !
Tout n'est pas perdu !
Et pour agir, Sébastien nous offre les clés pour bien démarrer. J’ai particulièrement apprécié sa notion de "starter" pour bien démarrer un jardin à biodiversité augmentée. Disposer des tas de compost, des tas de bois et de branchages et laisser pousser la flore présente : cela parait peu, mais c'est déjà énorme. En tout cas, c'est parfait pour mettre le pied à l'étrier.
Par la suite, l'auteur va nous exposer quelques aménagements pour aider la faune : création de minizones humides (mare, marais, mégaphorbiaie humide), élaboration de zones maigres en azote (eh oui, c'est paradoxal, mais plus le substrat est pauvre en azote, plus la diversité botanique est grande, donc la diversité faunistique qui en découle sera élevée elle aussi), le "sandarium" (j'ai hâte d'en créer un chez moi !), les prairies, les haies mixtes...
Le livre est ponctué de conseils de choix et de plantation de plantes indigènes et de beaucoup d'informations sur les hyménoptères, certes, mais pas seulement. Les autres insectes et le reste de la faune du jardin sont aussi de la partie.


Les + de ce livre
- En lisant le livre, on n'a qu'une idée : planter et aménager son jardin pour aider la petite (et moyenne) faune. Bref : mission accomplie pour l'auteur ! ;
- Le texte est simple, complet et s'adresse à toutes et tous : débutants, jardiniers, curieux de nature, spécialistes, naturalistes...
- Le livre contient une foule d'informations sur les insectes et les plantes qui intéressera sans aucun doute un grand nombre de lecteurs et lectrices. Les jardiniers bien sûr, mais aussi les guides et animateurs Nature qui y trouveront des conseils et anecdotes à replacer dans leurs guidances ;
- Les photos d'illustration sont superbes, notamment concernant les insectes ;
- Le format du livre est original et forme un très bel ouvrage idéal pour un cadeau (pensez-y pour la fin d'année !). Au total, ce sont 204 pages agrémentées de plus de 600 photos qui s'offrent au lecteur.


Les - de ce livre
Que voulez-vous, il faut en bien trouver...
- Un livre introuvable ou presque : c'est un choix de l'auteur, mais son ouvrage n'est pas en vente partout et certainement pas dans les gros sites de ventes en ligne. Pour l'acquérir, une seule solution : contacter l'auteur par internet. Mais, ce ne doit pas être un frein à l'achat de ce bel opus ;
- On aurait peut-être apprécié la présence d'un index, surtout concernant les plantes et les insectes nommés dans le texte. Peu importe, la table des matières est assez bien construite et on retrouve tout de même l'information recherchée en feuilletant un peu ;
- Par expérience, il est difficile de lire le livre avec un chat sur les genoux. Il faudra donc faire un choix entre la lecture et le ronronnement du chat (P.S. : je n'ai pas essayé avec un chien ou un canari).
Où obtenir ce livre ?
Le plus simple est de le commander directement chez l'auteur, via le site officiel : labiodiversitéaugmentéeaujardin.fr
Il se vend au prix de 39.00 € à venir rechercher sur place ou 48.15 €, frais de port compris.
Vous avez beau faire comme bon vous semble, votre jardin n’est qu’un petit morceau emprunté à la nature. Une nature particulièrement mise à mal ces dernières décennies. Et si on se disait, toutes et tous, qu’on transforme tout ou partie de notre bout de terrain en un refuge pour la faune et la flore locale […]
La mousse au jardin est détestée par les jardiniers ! Enfin, certains jardiniers... Pourquoi donc ? Aucune idée. Pourtant, la mousse présente de nombreux avantages pour le jardinier et la faune qui occupe son jardin. Elle est aussi très esthétique et pousse là où peu d'autres plantes auraient tenté d'y jeter une graine. Faisons le point sur cette "mousse" !
Qu'est-ce qu'une mousse ?
Je lui préfère le terme de "bryophyte" (du grec "bryos" : mousse et "phytos" : plante). D'ailleurs l'étude des mousses est une science que l'on appelle "bryologie", ses adeptes étant des bryologues.
Les mousses, ou bryophytes, ont été les premiers végétaux à "poser le pied" sur terre, il y a 440 millions d'années. Ces plantes primitives n'ont pas de système vasculaire (servant au transport de l'eau et des nutriments) et pas de racines, mais des rhizoïdes qui ne leur servent qu'à se fixer sur un support (contrairement à de vraies racines utiles à l'absorption de l'eau et des nutriments). Les mousses réalisent la photosynthèse comme l'immense majorité des autres végétaux (il y a toujours des exceptions qui confirment la règle !).
La mousse, par son mode de reproduction sexuée, est totalement dépendante de l'humidité ambiante. Mais certaines peuvent survivre sur des supports très secs (pierre, béton, tuiles...). Les mousses sont d'ailleurs des plantes pionnières qui colonisent une surface juste après les lichens, préparant le terrain pour d'autres végétaux : elles font partie de la pédogenèse, la création d'un sol. Les bryophytes sont capables de "renaître" après une dessication quasi complète, dès que l'humidité leur convient.
Le p'tit mot d'Oli : Ne confondez plus mousse et lichen ! Les mousses sont donc bien des végétaux et font partie du règne végétal ou Plantae. Les lichens, quant à eux, font étonnamment partie du règne des mycètes ou Fungi (les champignons). Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un lichen dans 95% des cas est une association mutualiste entre une algue (un végétal) et un champignon (le plus souvent un ascomycète). Or, c'est le champignon qui s'occupe de la reproduction sexuée donc ils ont été classés parmi les Fungi.
La mousse peut se révéler esthétique !
La mousse est un excellent moyen de créer un lien entre le minéral (même le béton !) et le végétal.
De plus, la mousse est là parce qu'elle le veut bien et surtout parce que les graminées (dans le cas de votre sacro-sainte pelouse !) ne peuvent pas y pousser. En effet, la mousse a besoin d'humidité, d'ombre et d'une terre relativement acide et surtout très tassée. Elle ne poussera donc qu'aux endroits où rien ou presque ne peut pousser sans faire de concurrence aux autres plantes. Par conséquent, pourquoi lui faire la guerre ? D'autant qu'elle est aussi belle que douce au toucher et... on ne doit pas la tondre.
Ne vous inquiétez pas si elle semble mourir ou disparaître par grande sécheresse : une bonne pluie et ça repart !
La mousse se révèlera donc un bon couvre-sol pour les endroits humides et ombragées et un parfait compagnon des éléments plus inertes : l'espace entre des dalles, les vieux murs, une toiture végétale, une margelle de fontaine en pierre, quelques vieux pots et jardinières, une rocaille humide, le pied des bonsaïs... La mousse peut aussi être accueillie en intérieur dans des petits terrariums humides (dans une Dame-Jeanne) ou dans l'art des Kokedama.


Encore un p'tit mot d'Oli : Saviez-vous d'ailleurs que les Japonais excellent dans l'art de créer des jardins de mousse ? La mousse fait partie intégrante des différents courants de jardins japonais. Le temple Saihō Ji, un temple bouddhiste zen près de Kyoto, en est un parfait exemple. Tant et si bien que l'on surnomme ce temple : Kokedera - le Temple des mousses.
La mousse est très utile à la biodiversité
Les mousses vont servir aux oiseaux en période de nidification pour la confection d'un nid douillet pour leurs petits. C'est notamment le cas des Mésanges charbonnière et bleue, de l'Orite à longue queue (autrefois nommée Mésange à longue queue), du Troglodyte mignon, du Merle noir, de la Grive musicienne, du Rouge-gorge familier...
Les mousses se révèlent être des lieux de protection pour bon nombre d'insectes et d'acariens. Ceux-ci serviront à leur tour de nourriture pour des araignées, des insectes prédateurs, des micro-mammifères et les oiseaux insectivores. Mais ces insectes peuvent aussi être des prédateurs d'insectes et d'acariens problématiques au jardin : c'est la lutte biologique. En dernier lieu, certaines mousses nourrissent les chenilles de deux papillons : la Phalène rustique et la Lithosie aplatie.
Comment accueillir la mousse au jardin ?
En ne faisant rien !
C'est sans doute la solution la plus simple. Les mousses viendront naturellement si votre climat et votre jardin leur conviennent : plutôt frais, très humides et ombragés. Si tout cela est réuni, il ne vous reste donc plus qu'à vous armer de patience, sagement assis en position Zazen.
En bouturant des mousses
Même si le terme n'est pas adéquat et qu'au final, cette opération s'apparente plus à un semis. Faites sécher quelques mousses, puis broyez-les ! Il ne reste plus qu'à saupoudrer cette "poudre" à l'endroit adéquat, mais par temps sec, sinon la pluie balayera votre "semis". Pour les zones plus lisses ou verticales, vous pouvez mélanger la poudre avec un peu de yaourt que vous appliquerez au pinceau par la suite.
En plantant des mousses
Sur une zone de terre, préparez la surface qui va accueillir les mousses : on enlève les végétaux en présence, on aplanit rapidement et... on tasse le sol, car contrairement à la plupart des plantes, les bryophytes adorent les sols tassés. Il ne reste plus qu'à poser les touffes de mousse au sol et à ajouter un peu de terre fine autour de celles-ci.
Sur une surface minérale, il suffira de placer les touffes, et de les caler comme vous le pouvez pour éviter qu'elles ne partent au moindre coup de vent ou petite averse.
Les idées reçues sur la mousse en général
La mousse est-elle dangereuse pour les arbres ?
La mousse utilise une écorce d'arbre uniquement comme un support (idem dans le cas du lichen d'ailleurs !). Elle affectionne particulièrement les vieux arbres à l'écorce rugueuse dont la croissance est ralentie pour pouvoir se fixer. Par conséquent, les mousses apprécient souvent les arbres en fin de vie ou qui dépérissent d'où les soupçons totalement infondés d'un hypothétique parasitisme de la mousse et du lichen sur les plantes. C'est totalement faux ! Les mousses peuvent même protéger l'écorce d'un arbre de l'humidité ou du gel.
La mousse indique-t-elle toujours le Nord ?
On l'a tous entendu étant jeune : "si tu es perdu, regarde la mousse sur les arbres, elle indique le Nord". Il faut déjà savoir vers où on doit aller avant de s'amuser avec les points cardinaux. Mais surtout, ce n'est pas tout à fait vrai... En effet, la mousse s'implante préférentiellement sur les zones les plus humides et plutôt ombragées. Alors ça tombe parfois au Nord, mais parfois pas... Investissez donc plutôt dans une boussole et une bonne carte (ou un GPS) !
Le sulfate de Fer permet-il d'éliminer la mousse dans une pelouse ?
Non ! Le sulfate de Fer tuera la mousse présente mais... acidifiera encore le sol, tout en tuant les lombrics. Bref, votre terre sera encore plus acide et encore plus tassée qu'avant, ce qui est tout bénéfice pour la mousse.
La scarification de la pelouse est-elle la meilleure solution ?
La scarification de la pelouse n'est pas toujours la solution. Cette opération est-utile pour détruire le feutre qui se crée dans un gazon mais, si le sol est tassé, acide, humide et ombragé, une scarification n'arrangera rien et ne fera que produire des boutures de mousse un peu partout. Bref, si votre gazon est rempli de mousse, il faudra éliminer les conditions qui sont favorables à la croissance de celle-ci (trop d'humidité, trop d'ombre, tassement du sol, tonte trop rase...)... ou oublier totalement l'idée d'avoir une pelouse et adopter les mousses.
La mousse au jardin est détestée par les jardiniers ! Enfin, certains jardiniers… Pourquoi donc ? Aucune idée. Pourtant, la mousse présente de nombreux avantages pour le jardinier et la faune qui occupe son jardin. Elle est aussi très esthétique et pousse là où peu d’autres plantes auraient tenté d’y jeter une graine. Faisons le […]
Seul mammifère vraiment volant, la chauve-souris a, depuis des temps immémoriaux, fait l'objet de toutes les suspicions, de toutes les peurs. La dernière en date : la crainte de la contamination par les chauves-souris au COVID-19 ou maladie à coronavirus.
Autant vous dire que certains (idiots, cela va sans dire...), en Chine et ailleurs, ont déjà trouvé la solution : l'extermination massive...
Il est vrai que des chauves-souris, en Chine (on ne connait pas encore l'espèce précisément), ont été l'un des vecteurs de la maladie. Mais à ce jour, les chercheurs ne savent pas encore exactement d'où est parti le virus. Or, pour combattre une maladie ainsi que sa propagation, il est capital de savoir comment elle s'est propagée et quels en sont les vecteurs ! Et c'est précisément les chauves-souris qui vont nous aider en nous fournissant ces éléments. Tenter d'exterminer les chauves-souris ne reviendra qu'à tuer le messager...

Quelques idées reçues sur les chauves-souris
Au-delà de l'épidémie de coronavirus, il ne faut pas oublier que les chauves-souris ont toujours eu mauvaise presse. Voici quelques croyances qui font d'elles de parfaits boucs émissaires... et ma vision des choses :
- Les chauves-souris portent malheur
le seul animal qui me porte préjudice est l'Homo sapiens personnellement... Ne vous jetez pas sur n'importe quelle bestiole pour expliquer les maux de votre vie ! Ce n'est tout de même pas la faute à ces charmantes bestioles si quelqu'un vous a rayé votre carrosserie sur le parking du supermarché ; - Les chauves-souris sucent le sang
oui... en Amérique du Sud ! Et encore seulement trois espèces... Chez nous, les chauves-souris sont exclusivement insectivores ; - Les chauves-souris s'accrochent aux cheveux
Non mais sérieusement ? Ce sont probablement les meilleurs pilotes du règne animal. Je vous l'assure, vous ne verrez jamais une chauve-souris s'accrocher dans les cheveux de quelqu'un (même avec la coiffure de Marge Simpson) , ni s'emplafonner quelque part ; - Les chauves-souris mordent
Une chauve-souris en bonne santé ne mord pas, vous êtes un trop gros insecte pour elle ! Dans certains cas, des chauves-souris peuvent être atteintes d'une forme de rage non transmissible à l'Homme et peuvent mordre si on les dérange. Si vous devez en manipuler une, portez des gants et c'est tout ! Ou mieux ne la touchez pas ! - Les chauves-souris deviennent envahissantes
Non, elles ne font qu'un petit par couple et par an et encore, seules 2/3 des femelles mettent bas. Les populations de colonies restent stables et ont même plutôt tendance à diminuer ; - Les chauves-souris abîment les maisons
Encore raté ! Elles ne construisent pas de nids, ne détruisent rien, ne grignotent rien... Elles ne font que passer et s'accrocher à l'envers au plafond ou derrière des volets ouverts. Et c'est tout.
Les populations de chauve-souris diminuent à vue d’œil
Ça en revanche, c'est tout à fait vrai ! Hélas...
Les chauves-souris subissent depuis des décennies des menaces qui les mettent à mal, inutile d'en rajouter avec des idées idiotes ! Voici un petit florilège de ce qu'on leur fait subir en ce moment :
- Dégradation de leurs gîtes d'été : abattage systématique des arbres morts, fermeture des clochers ou même isolation des toitures des vieux bâtiments, parfois inhabités ;
- Dégradation et disparition de leurs sites d'hibernation : il reste peu de grottes, de mines ou de carrières permettant à ces mammifères volants d'hiverner en toute quiétude ;
- Réduction du nombre de proies : remblayage des mares ou autres pièces d'eau, pollution de l'eau et dégradation des berges, utilisation des pesticides en agriculture intensive durant des décennies, disparition des haies, urbanisation des campagnes...
- Perturbation des vols : éclairage public trop intense et implantation d'éoliennes qui perturbent les routes de vol des chauves-souris.

Il faut sauver les chauves-souris !
Comme je le disais, dans nos contrées, les chauves-souris sont exclusivement insectivores ! Nous ne parlerons donc pas ici des plantes fécondées par certaines chauves-souris, ni des graines disséminées par les frugivores dans les régions tropicales.
Nos chauves-souris ont surtout une place particulière dans les réseaux trophiques (les chaînes alimentaires) au sein de la nature : manger ou être manger !
Les chauves-souris, malgré leur agilité, sont chassées par quelques rapaces (aussi bons pilotes qu'eux, sinon plus), mais aussi quelques serpents dans le Sud.
Mais c'est surtout pour leur travail sur la régulation des populations d'insectes nuisibles que l'on doit les féliciter.
Ces petites bêtes doivent dépenser beaucoup d'énergie pour voler à grande vitesse et éviter adroitement les obstacles. Cette énergie, elles vont la trouver dans leur nourriture : de 600 à 1200 insectes de toutes sortes (dont beaucoup de moustiques !) selon la taille donc l'espèce de la chauve-souris. Au menu : moustiques bien entendu, papillons de nuit et même certains autres ravageurs de culture. La chauve-souris est donc un auxiliaire de culture.
C'est aussi un bon indicateur de biotope sain et elles permettent également de donner des indications sur le démarrage effectif du printemps lorsqu'elles sortent d'hibernation.
Je veux bien aider les chauves-souris mais comment faire ?
En leur « offrant » de la nourriture et des sites de chasse :
- Plantez des haies indigènes et des vergers avec des fruitiers hautes-tiges ;
- Évitez l’éclairage nocturne superflu ;
- Créez des mares naturelles avec des arbres à proximité (les saules têtard sont une bonne idée) ;
- Laissez quelques zones du jardin non-fauchées, créez des bandes fleuries...
Mais aussi en leur permettant de se reposer et d'hiberner :
- Laissez un accès à votre sous-toiture ou votre grenier, même une simple remise peut faire l'affaire ;
- Conservez, si ça ne présente pas de danger immédiat, un arbre mort ou de vieux arbres munis de cavités ;
- Participez, avec les groupements naturalistes de vos régions, à des campagnes de sensibilisation ou des chantiers de création de gîte pour les chauves-souris.

Le Saviez-vous ? Si vous n'avez rien d'autre à faire de vos journées, vous pouvez ramasser les déjections des chauves-souris. Ce guano de chauve-souris est particulièrement riche en azote et peut être utilisé au jardin comme engrais. Attention cependant de ne pas déranger inutilement une colonie et de ne pas en abuser sur vos plantes car c'est un amendement très riche.
Et le COVID-19 dans tout ça ?
Laissons les chercheurs et épidémiologistes s'en occuper ! Ce sont eux qui enrayeront l'épidémie et qui trouveront les solutions et pas deux ou trois imbéciles sur les réseaux sociaux...
Tuer les chauves-souris, surtout les nôtres qui n'ont rien à voir là-dedans, ne vous sauvera pas d'une éventuelle contamination. Lavez-vous les mains plus souvent, arrêtez de vous lécher le visage l'un l'autre à tout bout de champ et regardez le foot à la télé plutôt que dans un stade. Et ça suffira largement... Bref, faites tout ce que vous avez à faire mais foutez la paix aux chauve-souris !
Pour en savoir plus :
Si vous souhaitez en savoir plus sur ces sympathiques petits chiroptères, vous pouvez aller faire un tour sur le site de La nuit de la chauve-souris.
En Belgique, vous pouvez aussi vous rapprocher du groupe Plecotus qui oeuvre pour la sauvegarde des chauves-souris.
Seul mammifère vraiment volant, la chauve-souris a, depuis des temps immémoriaux, fait l’objet de toutes les suspicions, de toutes les peurs. La dernière en date : la crainte de la contamination par les chauves-souris au COVID-19 ou maladie à coronavirus. Autant vous dire que certains (idiots, cela va sans dire…), en Chine et ailleurs, ont […]
Les pissenlits... On les déteste, on les martyrise, on leur fait la chasse ! Combien de jardiniers veulent leur faire la peau (enfin la racine plutôt...) parce que ça ne "fait pas propre" dans leur belle pelouse ?
Et pourtant, si vous saviez à quel point cette fleur est intéressante pour la faune de nos jardins ! Et pas seulement... Je vous le dis : cette sympathique représentante de la famille des Astéracées, répondant au doux nom de Taraxacum officinale, ne mérite clairement pas qu'on s'acharne sur elle ainsi. En voici les raisons...
Les pissenlits sont utiles aux insectes
Les pissenlits sont des plantes hôtes pour certains papillons de nuit, comme le Sphinx du pissenlit, par exemple, mais aussi de tout petits coléoptères : certains méligèthes (un genre très vaste dont l'identification précise se fait péniblement...). Comme pour d'autres plantes sauvages, l’éradication systématique des pissenlits dans votre jardin réduira encore sensiblement les populations des insectes qui y sont inféodés, notamment pour ces papillons de nuit.
Mais ce n'est pas tout ! C'est aussi l'une des fleurs parmi les plus nectarifères et mellifères de notre flore. Et comme elle fleurit de mai à octobre, elle a le temps de nourrir une foultitude d'insectes différents : papillons diurnes, coléoptères, cicadelles, syrphes, abeilles et bourdons sauvages...
Le saviez-vous ? Toutes les asteracées à fleurs jaunes ne sont pas des pissenlits. L'identification de ces plantes se révèle parfois un véritable casse-tête. Dans le doute, laissez tout pousser !

Les pissenlits nourrissent les oiseaux et d'autres petites bêtes, aussi
Oublions un court instant les insectes et concentrons-nous sur les autres habitants du jardin !
Certains oiseaux granivores, comme le Chardonneret élégant, apprécient de grignoter quelques graines, les fleurs et même les feuilles des pissenlits. Les oies et les poules adorent les feuilles de pissenlis aussi. N'hésitez donc pas à leur en donner !
Certains micro-mammifères comme la Musaraigne ou le Rat des moissons raffolent des fleurs de pissenlits.
N'oublions pas les prédateurs insectivores qui tournent autour de ce véritable garde-manger : oiseaux, mammifères, insectes prédateurs, araignées et même... chauve-souris durant la nuit.
Tout se mange dans le pissenlit !
Le pissenlit est un légume ancien qui contiennent de la vitamine C, du β-carotène, du fer et du potassium. Il existe même des variétés de pissenlits "améliorées" qui peuvent se cultiver au potager.
Les feuilles se consomment en salade, les boutons floraux peuvent être consommés comme les câpres. Et durant les temps de guerre, on avait même réussi à créer un succédané de café avec des racines de pissenlits.
Les fleurs aussi sont comestibles et on les déguste lorsqu'elles sont bien sucrées... Le seul risque : se retrouver avec la moustache pleine de pollen et devoir soutenir le regard bizarre du voisin ! Enfin, on récolte aussi les pétales pour en faire la fameuse cramaillotte (confiture de pissenlit) ou du vin de pissenlit... Le miel de pissenlit est aussi un délice !
Remarque : faites cependant attention de ne pas les récolter dans les pâtures. Les feuilles consommées crues peuvent vous transmettre la douve du foie. Comme le pissenlit concentre les polluants, évitez aussi de le cueillir sur des terres polluées.
Le Taraxacum officinale, le pissenlit officinal, est une plante médicinale comme son nom l'indique. Il est diurétique et dépuratif et possède des vertus antioxydantes.
Le saviez-vous ? Certains aiment tellement les pissenlits (le genre Taraxacum) qu'ils en font collection comme d'autres collectionneraient les cornouillers, les roses ou bien les galanthus ! Pour ma part, j'ai moi-même failli craquer pour une très belle Taraxacum pseudoroseum à fleurs jaune-rosées chez un spécialiste de plantes sauvages...

Le pissenlit, une plante bio indicatrice
Saviez-vous qu'une prolifération de pissenlits à un endroit indique une grande richesse du sol, notamment en azote. La présence massive de ces fleurs révèlent aussi une terre trop compacte, voire asphyxiée. Certes, ce sont les terrains pauvres qui possèdent la plus grande diversité botanique donc la plus grande diversité faunistique... mais ce n'est pas une raison pour exterminer ces pauvres pissenlits !
Lutter contre les pissenlits : une entreprise vaine...
S'acharner à enlever les pissenlits, c'est non seulement se battre contre des moulins à vent avec une simple lance mais c'est surtout porter une énième attaque contre la biodiversité et l'équilibre de la nature. En plus, de servir de nourriture à toute une faune, le pissenlit est aussi capable de fixer des contaminants du sol comme certains métaux lourds (plomb, cadmium...). Comestible et médicinale, le pissenlit est l'une des premières fleurs à nourrir les abeilles domestiques et sauvages dont les populations souffrent déjà beaucoup. Vous l'aurez compris toutes ces qualités valent bien de laisser deux ou trois "tâches" jaunes dans son gazon.
Les pissenlits… On les déteste, on les martyrise, on leur fait la chasse ! Combien de jardiniers veulent leur faire la peau (enfin la racine plutôt…) parce que ça ne “fait pas propre” dans leur belle pelouse ? Et pourtant, si vous saviez à quel point cette fleur est intéressante pour la faune de nos […]
"J'fais pipi sur l'gazon, pour arroser les coccinelles..." Vous connaissez la chanson ? Et bien, figurez-vous qu'elle revient à la mode et l'on parle de plus en plus de l'utilisation de l'urine au jardin. Ou, pour être plus précis, on en reparle car faire pipi dans son jardin pour faire pousser les plantes (ou juste pour le plaisir !) était une pratique courante jadis, dans nos campagnes.
Mais est-ce vraiment efficace ? L'urine humaine peut-elle remplacer nos fertilisants habituels ? Arroser au pipi est-ce une panacée ? Est-ce que cela n'apporte pas des maladies ? Vérifions tout cela !
L'urine comme engrais : un concentré d'azote
L'urine humaine est naturellement riche en azote. Elle peut d’ailleurs servir pour corriger une faim d'azote. Pour être précis, l'urine contient de l'urée qui se transforme par réduction en gaz ammoniacal NH3 (c'est l'odeur !). Ce dernier peut, suivant la température et la biologie du sol, se réduire de nouveau en ammonium NH4+, ce qui est bien ; ou s'oxyder en nitrate NO3-, ce qui est moins bien... Mais ces deux composés chimiques peuvent être directement assimilés par les racines des plantes. Ils rentrent d'ailleurs dans ce qu'on appelle le cycle de l'azote.
L'urine contient aussi du Phosphore, du potassium, du soufre, du magnésium et divers autres oligo-éléments.
La composition diffère de l'alimentation de la personne : la teneur en azote oscille entre 3 et 6 g/litre tandis que pour le phosphore et le potassium, on tourne aux alentours d'1 g/litre en moyenne.
Tout cela fait de l'urine, un engrais équilibré et directement assimilable pour les plantes.
Mais, comme toute chose, il faut bien l'utiliser !

L'urine au potager
Dans un sol bien amendé à la base (à l'aide de compost ou de fumier), l'utilisation de fertilisant liquide n'est pas réellement utile. Mais en appoint, l'urine peut être utilisée diluée à raison de 100 ml dans 1 litre d'eau, toutes les deux semaines et durant la phase de croissance des plantes.
Attention donc à ne pas donner cet "engrais" à des semis ou des plantes trop jeunes. Celles-ci vont alors produire des tiges et du feuillage au détriment du système racinaire, causant des problèmes par la suite. Ces plantes auront du mal à aller chercher l'eau et les nutriments, et seront moins résistantes.
L'urine dans le compost
L'urine au compost accélère la décomposition des matières organiques.
A forte dose cependant, l'urine est toxique pour les vers de terre, les vers de compost et les autres organismes vivants du sol. Pensez donc à utiliser l'urine avec parcimonie ou à la diluer à raison de 250 ml d'urine pour un litre d'eau à minima.
L'urine dans les autres parties du jardin
L'urine est un engrais azoté puissant. Un surdosage à certains endroits du jardin va favoriser la prolifération de plantes dites nitrophiles : ortie et liseron en tête. Vous pouvez même dans certains cas extrêmes "brûler vos plantes". Prudence donc...
Si on a pris soin de placer une fumure à la plantation et de garder un sol vivant et en bonne santé, un engrais azoté est rarement utile pour les plantes ornementales : arbres, arbustes et même vivaces.
En pot ou en jardinière, en revanche, cela peut être une bonne solution de remplacement des fertilisants liquides habituels. Là aussi, gardez à l'esprit de diluer l'urine : 50 à 100 ml d'urine par litre d'eau. Et de n'apporter votre mixture (ou miction...) qu'une fois toutes les deux semaines.

L'urine ? Beurk ?
C'est surtout en occident que nous gardons des réticences à utiliser les excrétions humaines et animales. On utilise fréquemment l'urine en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Et de nombreuses recherches agronomiques sont en cours pour chiffrer l'impact réel de cette pratique : pour l'instant les résultats sont plus qu'encourageants.
Le pipi, ça pue !
L'urine, même diluée, présente une odeur désagréable durant sa dégradation. Un stockage durant une semaine remédiera à ce problème. Sur un sol sain et équilibré, la dégradation de l'urine se fera très vite, ce qui limitera dans le temps cette odeur désagréable.
Le pipi, c'est pas propre !
L'urine est naturellement stérile chez une personne saine. En revanche, il faut éviter d'utiliser au potager les urines d'une personne présentant une infection bactérienne : notons qu'un stockage relativement long (au moins un mois) permet d'éliminer les éventuels pathogènes. Et a contrario, évitez aussi d'utiliser de l'urine d'une personne sous médication, surtout sous antibiotiques.
Remarque : à noter aussi que l'urine peut apporter une trop forte salinité sur les sols sensibles.
Conclusion
Si on passe le cap de la répulsion à utiliser nos propres excrétions, l'urine peut se révéler un fertilisant efficace. Gardons toutefois à l'esprit de ne pas l'utiliser pure, pas trop souvent et uniquement si nécessaire. Bref, les précautions d'usage d'un véritable engrais ! L'idéal est aussi de stocker au préalable l'urine pour éviter les pathogènes et réduire considérablement l'odeur.
“J’fais pipi sur l’gazon, pour arroser les coccinelles…” Vous connaissez la chanson ? Et bien, figurez-vous qu’elle revient à la mode et l’on parle de plus en plus de l’utilisation de l’urine au jardin. Ou, pour être plus précis, on en reparle car faire pipi dans son jardin pour faire pousser les plantes (ou juste […]
Planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique peut sembler une solution très simple. Tant mieux car ça l'est !
A l'heure où on coupe plus qu'on ne plante, tous les arbres que vous pourrez planter dans votre jardin se révéleront bénéfiques à divers titres.
L'une des causes du réchauffement climatique est un trop important rejet de dioxyde de Carbone (CO2), la solution la plus évidente qui vient à l'esprit sera donc de planter des arbres car ils absorbent ce CO2.
Pourquoi planter des arbres ?
Les végétaux en général, mais les arbres en particulier, ont une capacité d'absorption du CO2 inouïe. C'est un simple résultat de la photosynthèse. L'arbre absorbe le CO2 de l'air et le transforme en Carbone et en oxygène. L'oxygène est libéré dans l'air pour notre plus grand bonheur tandis que le carbone est stocké et libéré progressivement. Les forêts représentent ainsi le deuxième puits de Carbone derrière les océans.
Mais ce n'est pas tout, les arbres sont aussi utiles dans :
- la régulation de la température et de l'hygrométrie : ce sont de véritables climatiseurs vivants ;
- la filtration du vent et des poussières, améliorant ainsi la qualité de l'air ;
- la fixation de certains polluants comme les pesticides ou les métaux lourds ;
- l'amélioration du sol en y apportant de la biomasse (bois, feuilles...) et en luttant contre l'érosion.

Quels arbres planter pour lutter contre le réchauffement climatique ?
1) Des arbres indigènes avant tout
Il y a deux énormes avantages à planter des essences indigènes :
- ils sont parfaitement adaptés au climat et au sol
- ils nourrissent et fournissent un abri à la faune locale
La liste des arbres indigènes est longue mais voici quelques exemples :
- Pour le Nord : Érable plane, Aulne glutineux, Bouleau pubescent, Charme commun, Cornouiller mâle, Frêne commun, Houx, Peuplier tremble, Orme champêtre...
- Pour le Sud : Arbousier, Érable de Montpellier, Aulne de Corse, Châtaignier, Olivier, Chêne vert...
- Pour la montagne : Charme-Houblon, Orme de montagne, Pin de montagne...
- Pour le Littoral : Tamaris de France, Argousier, Olivier de Bohème, Pin maritime, Érable champêtre, ...

2) Des indigènes, oui, mais pas seulement...
Certains indigènes souffrent du changement climatique tandis que d'autres plus exotiques ou des essences du Sud semblent se faire une place au Nord. Ainsi les Pins, toutes espèces confondues, souffrent des attaques répétées des chenilles de la Processionnaire du Pin. Tandis que le Hêtre commun, les épicéas et même le Sapin pectiné ne supportent plus nos étés trop chauds et trop secs. Tous ces arbres sont devenus aussi moins résistants aux maladies.
En revanche, certains arbres voient leur aire de répartition originelle se déplacer. Rien d'étonnant : cela a toujours été le cas ! Les plantes poussent là où elles vivent le mieux. Voilà pourquoi nous avons des soucis avec certaines plantes exotiques invasives qui se révèlent finalement plus adaptées que les indigènes dans certains milieux naturels. Ou le fait que les forêts de chênes reprennent le dessus sur les hêtraies comme c'était le cas... il y a seulement deux mille ans.
Quelques exemples d'arbres qui se sont adaptés au changement climatique
- Le Chêne vert - Quercus ilex : autrefois cantonné au climat méditerranéen, il a tendance à remonter plus au nord. Il vit désormais très bien sur le littoral atlantique jusqu'en Bretagne et va continuer sa progression vers le centre.
- Le Chêne chevelu - Quercus cerris : uniquement présent dans le sud-est du pays, le voilà qui se déplace catégoriquement vers le Nord. Au point d'en retrouver jusqu'en Belgique...
- Le Chêne pubescent - Quercus pubescens : une essence particulièrement adaptée à la sécheresse qui tire son épingle du jeu ses dernières années.
- L’Érable de Montpellier - Acer monspessulanum : souvent associé dans la nature au chêne vert, celui-ci suit la même courbe progressant jusqu'en Vendée.
- Le Frêne à fleurs - Fraxinus ornus : un cousin du Frêne commun mais nettement moins sensible à la chalarose quitte peu à peu sa Corse et ses Alpes maritimes pour remonter plus au Nord.
- Le Savonnier - Koelreuteria paniculata : originaire de Chine et de Corée, cet arbre se révèle pourtant parfaitement résistant à la sécheresse et à la pollution urbaine.
- Le Pin maritime - Pinus pinaster : présent aussi initialement sur le pourtour méditerranéen et le littoral, il poursuit sa poussée vers l'Ouest et le Nord.
- Le Robinier Faux-acacia - Robinia pseudoacacia : cet arbre exotique devient petit à petit le"roi de la forêt". Il résiste à la chaleur, à la sécheresse, aux inondations et est adapté aux sols pauvres car il a la faculté de fixer l'azote. Il prend ainsi petit à petit la place des autres essences d'arbres.
Pour info : l'Office Nationale des Forêts procède en ce moment à des essais de plantation de Sapin de Bornmuller (Abies bornmuelleriana) en forêt, une espèce plus adaptée aux sécheresses que le Sapin pectiné. Tandis qu'en Belgique, des essais sont menés dans les forêts avec des Chênes chevelus et pubescents et même... des Pins de Corse.

Caractéristiques générales des arbres résistants au changement climatique
Les arbres présentant une résistance naturelle à la sécheresse et aux températures élevées en été présentent souvent des caractéristiques communes :
- Des feuilles petites et nombreuses : plus la feuille est grande plus l'eau s'évapore. Les feuilles petites sont donc le résultat d'une adaptation à la sécheresse ;
- Un feuillage ciré et/ou duveteux : si la feuille est épaisse ou équipée de petits poils, celle-ci gardera plus efficacement l'eau ;
- Ensuite il convient de vérifier la région d'origine de l'arbre : si celui-ci est originaire de la taïga scandinave, il a de fortes chances de souffrir en été... A contrario, les essences méditerranéennes et du centre de l'Europe seront particulièrement adaptées.
En conclusion
Suite aux changements climatiques qui s'accélèrent ces dernières décennies, il va falloir revoir notre copie concernant les espèces indigènes adaptées aux régions. Certains, dont la survie nécessite de l’humidité et des saisons marquées, vont disparaître au profit d'essences moins gourmandes en eau et ne demandant pas d'hiver rigoureux. Quoi qu'il en soit, la plantation d'arbres sera de toute manière bénéfique pourvu que l'on choisisse des essences sans soucis et capables de prospérer de manière optimale sans trop de soins. Donc en conclusion : plantons des arbres !
Pour en savoir plus
Certains chercheurs émettent des doutes sur l'efficacité de la plantation d'arbres pour lutter contre le réchauffement climatique. En réalité, c'est surtout le fait que le CO2 soit l'unique responsable du réchauffement climatique qu'ils remettent en question ainsi que le fait que nous aurons (d'après eux) besoin de plus encore de surfaces agricoles pour nourrir la population. L'idéal serait aussi et surtout d’arrêter de déforester plutôt que de replanter quelques arbres par-ci par-là. Si vous désirez en savoir plus et vous faire votre propre avis sur la question, lisez cet article : Les forêts : solution à la crise climatique ?
Et si vous ne l'avez pas encore vu, voici les grands résultats de notre enquête sur les changements climatiques et le jardinage.
Planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique peut sembler une solution très simple. Tant mieux car ça l’est ! A l’heure où on coupe plus qu’on ne plante, tous les arbres que vous pourrez planter dans votre jardin se révéleront bénéfiques à divers titres. L’une des causes du réchauffement climatique est un trop […]
« C'était mieux avant » On entend cela à longueur de journée que ce soit pour les voitures, la télévision, les films de super-héros, la météo, la sauce tomate ou tout simplement : le jardin. Nos aïeux, ceux de la génération qui est venue juste après la seconde guerre mondiale, étaient-ils de meilleurs jardiniers que nous ? Est-ce que leurs pratiques culturales étaient-elles respectueuses de l’environnement, des plantes et de leur sol ? Entourer un gazon stérile par une haie de thuyas, était-ce vraiment une si bonne idée ?
Nous avons mené l'enquête...
Chez Promesse de Fleurs, vous le savez chers lectrices et lecteurs, nous ne reculons devant rien pour vous apporter jour après jour des articles de qualités et c'est pour cela que pour vérifier si "c'était vraiment mieux autrefois" dans nos jardin, nous allons utiliser notre toute nouvelle machine à remonter le temps. Une machine très utile d'ailleurs pour retrouver d'anciennes variétés oubliées...
-Dites les gars, je dois emprunter la promessmobile pour un article. Elle est en ordre de marche ?
-Ouais, Lionel a changé le filtre à huile pas plus tard qu'hier.
-C'est parti !! Alors année ? Euh... 1967... Au pif... Lieu ?... Eh, si j'allais dans mon propre jardin voir ce qu'il s'y passait jadis ? Hop ! « Calcul de l'itinéraire en cours... »
Flash !
-Évidement j'ai atterri dans un fossé ! Je vais encore me prendre une chasse en rentrant moi... Oh ! Y a un type dans le jardin. Mais qu'est-ce qu'il fait ? Je sors mon calepin pour noter tout ce que je vois...
Deux heures plus tard...
-J'en ai assez vu, je rentre au bercail pour mettre tout ça par écrit et vomir un petit peu...
Transformer son potager en "champ de patates"
On le sait maintenant la diversité n'apporte que des bienfaits au jardin en général mais aussi au potager : une résistance accrue aux maladies et aux ravageurs notamment. Hélas, certains de nos anciens confondaient parfois potager et monoculture agricole. Et il n'était pas rare de n'avoir qu'un champ de pommes de terre ou de choux sur plusieurs ares. Une autre idée de la production vivrière au jardin... Le potager étant alors bien souvent une zone de production à rentabiliser plutôt qu'un potager-loisir. Lorsque je suis arrivé dans ma maison, je me suis vite rendu compte que mon prédécesseur avait fait cela avec... des fraisiers sur une douzaine d'ares (c'est dingue d'aimer les fraises à ce point-là !) Verdict : c'était pas mieux avant !

La terre est trop travaillée.
Le sol est fragile. Et ce n'est pas qu'un substrat stérile. Tout un écosystème se déroule sous nos pieds avec des relations complexes entre les différents êtres vivants du sol. On préconise d'ailleurs à notre époque de ne pas mélanger les différentes couches du sol car chaque organisme vivant dans le sol ne vit généralement que dans une seule couche de ce sol. Si on mélange tout, certains vont mourir et l'équilibre fragile mettra un certain temps à revenir à la normal. Donc évitez autant que possible le passage récurrent au motoculteur, voire même si possible de ne pas bêcher mais d'utiliser une fourche à bêcher ou une grelinette (oui je sais la grelinette dans un sol argileux, c'est chaud !). Évidement lors de la création d'un nouveau massif ou d'une nouvelle parcelle, il est difficile de faire autrement qu'en travaillant le sol... Mais si ce n'est qu'une fois, ce n'est pas si grave.
Or il y a de cela encore quelques années, on se moquait éperdument de l'équilibre fragile du sol et on y allait gaiement à la bêche ou au motoculteur jusqu'à obtenir une texture proche du sable. Inutile de préciser que ce n'était pas la meilleure idée... Verdict : c'était pas mieux avant !
La terre est laissée à nue
« Ça fait plus propre ! » semblait être l'adage de nos anciens. Nous n'avons sans aucun doute pas tous la même notion du propre. Mais avant, les massifs comme le potager (voire même le verger) devait être "propre", entendez par là sans rien qui pousse (et surtout pas ces fameuses "mauvaises herbes" !) ni paillage pour couvrir le sol. Alors on sarclait, on désherbait, on roundupait, ... Or un couvre-sol ou un paillage protège le sol du froid et du dessèchement (attention, toutefois que le paillage ralentit le réchauffement de la terre au printemps et garde parfois trop d'humidité au pied des plantes). Un paillage contribue à nourrir le sol et fournir un abri à toute une micro-faune qui s'empressera de travailler le sol à votre place. Les plantes couvre-sols quant à elle peuvent rendre plus esthétiques les massifs et le pieds des arbres et arbustes... tout en "faisant plus propre". Verdict : c'était pas mieux avant !

Utilisation à outrance d'intrants chimiques
« C'est chimique donc ça fonctionne mieux ! ». Qui n'a pas déjà entendu cette phrase. Pour ma part, je l'ai encore entendu récemment de la bouche d'un agriculteur pourtant assez jeune (on n'est pas sorti de l'auberge...). En réalité nourrir son sol ou l'amender est très bien mais pourquoi diable faire chimique lorsqu'on peut faire naturel... Il existe de nombreuses solutions bien plus écologiques et bien moins onéreuses pour soigner et nourrir les plantes.
Verdict : c'était pas mieux avant !
Un véritable génocide de la nature
La nature, c'était le mal ! Insecticides, herbicides, raticides, vermicides, ... et j'en passe. La génération d'après-guerre semblait avoir une terreur irraisonnée de la nature qui les entourait. On en voulait aux "mauvaises herbes", aux taupes, aux renards, aux rongeurs, aux insectes, aux vers de terre, aux oiseaux, aux zèbres, aux girafes, ... Pourquoi ? Parce que les entreprises qui vendaient ces produits avaient fait croire aux jardiniers comme aux exploitants agricoles qu'il fallait juguler cette nature pour espérer obtenir un jour des récoltes ou un beau jardin. Moyennant des campagnes d'endoctrinement qui n'ont rien à envier au publicités lobotomisantes de notre époque dans nos différents médias. Business is business... Or vous le savez bien que dans la nature, comme au jardin, tout est lié au sein de relations complexes entre les différents représentants de la faune et de la flore. Et la citation de Lamartine (à la ferme!) "un seul être vous manque et tout est dépeuplé" prend tout son sens au jardin et devrait être votre leitmotiv. Arrêtons donc de sortir les biocides à tout bout de champ, même les soi-disant "bios". Un produit qui tue un organisme vivant quel qu'il soit n'est en rien "bio". Verdict : c'était pas mieux avant !

Taille trop sévère des arbres et des arbustes
Je nomme cela : « l’élagage à la grenade ». Encore en vigueur dans certaines communes ou municipalités. On coupe, on ratiboise, on étête, on abat... Que rien ne dépasse et tant pis si cela tuera l'arbre à court ou moyen terme. On n'avait hélas pas encore lu les travaux de Francis Hallé ou de Peter Wohlleben sur nos amis les arbres. Et les techniques de tailles en transparence peaufinées par la princesse Greta Sturzda n'étaient pas sorties du Vasterival. Verdict : c'était pas mieux avant !
Les effets de mode stupide
Ah la mode ! La définition du mot « mode » est « manière collective de faire quelque chose ». En bref, vous faites exactement pareil ou obtenez les mêmes choses que vos contemporains. Vêtements, voiture, ... mais c'est aussi le cas au jardin. La mode au jardin, c'est donc avoir les mêmes plantes que vos voisins. Cela se remarque parfois très fort dans certains quartiers. Et c'est souvent par là que proviennent les soucis : la mode des conifères dont les fameuses haies sans vie de Thuyas ou de Chamaecyparis, la folie « bambous » d'il y a quelques années, certaines invasives particulièrement dangereuses pour la flore locale, ... (un lecteur : et les Cornus ? Moi : non mais les Cornus, c'était bien. C'était une chouette mode...) Verdict : c'était pas mieux avant !
L'enfouissement des déchets
J'ai trouvé de tout dans la terre de mon jardin. Des vieux vêtements, des plaques d'eternit, des tuiles, des vieux trucs rouillés (dont l'utilité première ne m’apparaît pas comme une évidence...), des tessons de bouteille et... un verre d'une marque de bière trappiste belge très connue totalement intact. Il trône désormais fièrement sur ma cheminée tel le Graal des légendes Arthuriennes (même si selon certaines sources, le Graal serait peut-être un bocal à anchois...). Pourquoi vouloir transformer son sol en une gigantesque décharge ? Je n'ai toujours pas la réponse, désolé... C'était peut-être pour faire une blague aux archéologues qui fouilleront le jardin dans cinq cent ans... Verdict : c'était pas mieux avant !
Et on brûle le reste.
Brûlez tout ! : on enterre les déchets certes, sauf ceux que l'on peut brûler, c'est-à-dire les déchets organiques. Et oui avant, le terme « composter » se référait surtout au poinçonneur des lilas. Les déchets verts étaient tous brûlés sans autre forme de procès. Du CO2 vous me dites ? C'est quoi de c'te nov'elle invention là ? Mon cancer du poumon ? Non mais ça n'a rien à voir ma bon'dame... Et oui, nous avons encore tous un voisin comme cela qui fait fi de la sécurité et des interdictions de faire du feu pour ne s'en remettre qu'à son instinct d'hommes des cavernes "moi faire du feu, moi être le plus fort de la tribu !". Ou alors il est tout simplement pyromane et devrait être soigné dans les plus brefs délais...Verdict : c'était pas mieux avant !

Des machines toujours plus grosses et performantes
L'utilisation de machines onéreuses, lourdes, bruyantes et dangereuses pour des travaux qu'on aurait pu faire à la main en 3 minutes... : c'est à partir de ce moment-là qu'on a commencé à jouer à « c'est qui qu'a la plus grosse ? » (dans le milieu agricole aussi, ce qui a conduit d'ailleurs à des élargissements de parcelles et à l'arrachement des haies bocagères, pourtant fort utile !). Désolé mais ce n'est pas plus intelligent que cela... L'un de mes voisins de soixante-dix printemps me regarde comme un extra-terrestre lorsque je taille mes haies à la cisaille, que j'élague mes arbres à la scie ou encore que je fauche l'herbe (plus une prairie remplie de fleurs sauvages qu'un gazon) à l'aide de ma faux. Il ne comprend pas. J'avoue que j'exagère un peu dans l'autre sens, c'est vrai. Pourtant la plupart des travaux au jardin ne mérite pas systématiquement de machines polluantes et bruyantes. Réfléchissez-y à deux fois lorsque vous songez à l'achat d'une débroussailleuse ou d'une tronçonneuse : "Est-ce vraiment nécessaire ?" (si c'est bien le cas après mure réflexion, alors achetez-la !) Verdict : c'était pas mieux avant !
Conclusion
Il est inutile de préciser que le trait a été grossièrement et volontairement accentué. Personne n'aurait l'outrecuidance de penser que l'ancienne génération arrivant juste après la seconde guerre mondiale n'était constituée que de dangereux psychopathes détruisant tout sur leur passage. Il y en a eu certes mais il y a eu aussi beaucoup d'ignorance et de maladresse. Sans compter tout ceux qui ont continué à perpétuer les pratiques de leurs parents et grands-parents plus respectueuses de l'environnement en général (ce n'était hélas pas le cas de mes propres grands-parents...). Il faut tout de même reconnaître que c'est à cette époque que l'on vit poindre nombres de mauvaises pratiques au jardin (et dans le milieu agricole aussi d’ailleurs). Certaines de ces pratiques perdurent encore de nos jours mais tendent à se raréfier fort heureusement. Une prise de conscience collective s'est élevée depuis la fin des années soixante-dix. Et il est désormais normal de laisser des petits coins sauvages au fond du jardin, de pailler son sol ou de composter ses déchets organiques.
Pour resituer un peu le contexte : après la deuxième guerre mondiale, tout avait changé ! Des innovations technologiques fusèrent de toutes parts. Une profusion de chimie se déversa dans les rayons des jardineries (pour écouler des stocks non utilisés pour la guerre...). Ce devait être enthousiasmant de vivre une véritable époque de révolution scientifique. Les couvertures des revues scientifiques des années cinquante prêtent à sourire de nos jours. Mais les contemporains croyaient dur comme fer à un futur dans lequel on aurait accédé à l'immortalité, piloté des voitures volantes, habité dans des cités sous-marines et dans lequel... les progrès de la science pour le jardin et les cultures aussi auraient totalement changé la manière de jardiner et de cultiver. Et c'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé... mais pas en bien. Toutes ces inventions furent vus par les gens comme des bénédictions et personne ne semblait se tracasser si c'était bon pour la faune et la flore, pour le sol ou même... pour nous. La relation entre le jardinier et son jardin changea radicalement. Plus tellement besoin d'un jardin entièrement vivrier. Plus tellement de temps ni l'envie pour s'en occuper tous les jours d'où une prolifération de techniques modernes et rapides : pesticides et grosses machines en première ligne.
Tant et si bien qu'un fossé énorme se créa entre cette génération et celle qui l'avait précédée. Cette dernière, sans s'en rendre compte réellement, était plus respectueuse de l'humain et de son environnement. Pas de chimie, pas de grosses machines, pas (trop) d'exotisme mais plus de temps pour s'occuper et profiter du jardin. Et paradoxalement, nous tendons, nous petites femmes et petits hommes du vingt-et-unième siècle, à revenir à cet état d'esprit. Nous appelons cela désormais « permaculture », « jardins naturels », « agro-foresterie », ... Des nouveaux mots placés sur... des anciennes techniques. Mais après tout, au jardin comme partout, n'est-ce pas le propre de l'Homme d'opérer un retour périodique aux anciennes pratiques. C'est finalement la définition même d'une... révolution.
« C’était mieux avant » On entend cela à longueur de journée que ce soit pour les voitures, la télévision, les films de super-héros, la météo, la sauce tomate ou tout simplement : le jardin. Nos aïeux, ceux de la génération qui est venue juste après la seconde guerre mondiale, étaient-ils de meilleurs jardiniers que nous […]
Peut-être l'avez-vous constaté cet été mais, avec les beaux jours, les naturalistes ont marqué un petit retour, en particulier sur les réseaux sociaux... Et, comme tous les ans, une certaine catégorie d'entre eux sont montés au créneau contre une plante exotique. Cette année, c’est le Buddleia appelé « arbre à papillon » qui fait particulièrement l'objet de leur courroux. Invasif ? Dangereux pour les papillons ?
Le débat est simple, classique, mais efficace :
« Vous êtes rien que des vilains qui tuez la nature ! » (les botanistes aux horticulteurs)
« C’est même pô vrai d’abord ! » (les horticulteurs aux botanistes)
Bienvenue dans la cour de récré ! Et me voici, pile au milieu, à essayer de calmer les troupes des deux camps.
Le débat sur l'Arbre à papillons, en détail
On entend, on lit et on voit de plus en plus d’articles, de posts facebook ou de reportages télévisés dont le sujet est : « Les Buddléias tuent les papillons, car le nectar contient de la caféine. » Ces publications ont, en général, toutes la même particularité : elles traitent une information par-dessus la jambe et ne vont pas au fond des choses, le tout en ne citant bien entendu aucune source…
Dans l’état actuel de nos connaissances, il semblerait que le nectar des fleurs de Buddleia contiendrait une substance proche de la caféine qui attirerait irrémédiablement les papillons qui pourraient finir par s’épuiser et finalement mourir.
J’ai pris bien soin d’écrire cette phrase au conditionnel. En effet, depuis bientôt vingt ans, j’ai tout entendu sur cette plante. La plupart des faits (que j’exposerai plus bas) sont avérés tandis qu’un point reste éternellement sujet à débat : cette fameuse toxicité des fleurs qui a pour impact de « droguer » les papillons.
Étonnamment, dès qu’on parle de cette éventuelle toxicité des fleurs du Buddleia, personne ne fait mention d’une quelconque publication scientifique sérieuse. Remarquez comme c’est cocasse…

Les faits avérés scientifiquement
- Le Buddléia davidii, l’espèce-type, est une plante invasive, une EEE pour Espèce Exogène Envahissante. Elle va l'être préférentiellement dans des endroits détruits par l’Homme, car c’est un arbuste qui apprécie les sols pauvres, caillouteux et un peu chamboulés (il est originaire des montagnes arides de Chine) : terrils, bord de chemins de fer, friche industrielle, vieux parking abandonné… mais aussi sur des milieux naturels particulièrement vulnérables par exemple les pelouses silicicoles de Normandie. C’est normal, car c’est une espèce pionnière qui « prépare le terrain » pour que d’autres plantes puissent s’implanter par la suite. Nous avons dans notre flore indigène d’autres plantes pouvant réaliser ce type de travail, mais le Buddléia est d'une redoutable efficacité puisqu'il vit très peu de temps : d’où son caractère invasif. Une fois que d’autres plantes vont pousser sur le substrat créé par le Buddléia au fil du temps, ceux-ci lui feront de l’ombre et le Buddléia, essence de lumière avant tout, disparaîtra. La végétation pourra alors se développer jusqu’au climax, l’évolution ultime d’un milieu naturel : une forêt de chênes par exemple. Seul bémol, le Buddléia prend effectivement la place d’une plante indigène utile pour la faune, notamment pour les insectes qui pour la plupart ont co-évolué avec les espèces endémiques. Pour rappel, une plante exotique est toujours moins intéressante pour nourrir les larves et les adultes des insectes.
Nota bene : si vous avez chez vous l’espèce-type et que son caractère invasif vous inquiète : tailler fortement l’arbuste juste avant la formation des graines ! Le problème sera réglé.
- Le Buddléia contient de l’aucubine et d’autres terpénoïdes toxiques par ingestion dans ses feuilles et ses rameaux. C’est pour cela que rien n’y personne ne consomme les feuilles. C’est le deuxième argument qu’avancent les naturalistes :« Si les papillons pondent sur le Buddléia, les chenilles ne pourront pas se nourrir. » En fait, ce serait bien mal connaitre les lépidoptères et surtout nier des millions d’années d’évolution. Un papillon est génétiquement programmé pour ne pondre que sur la plante ou la famille de plantes dont a besoin sa progéniture. Et pas ailleurs ! En revanche, il est vrai que si dans votre jardin, vous n’avez qu’un gazon tondu à ras, une haie de thuyas et… un seul Buddléia : et bien, les papillons ne pourront pas pondre. Donc, vous aurez des papillons la première année sur votre arbuste et puis… plus rien. Dans un jardin avec une plus grande profusion de végétaux, les papillons vont visiter rapidement les fleurs de Buddléia puis iront pondre sur les plantes alentours en fonction de l’espèce du papillon : ortie, ronce, graminées, bourdaine, fabacées, brassicacées, apiacées…

Nota bene : quelques sources mentionnent que la chenille du Sphinx Tête-de-mort ainsi que celle de la Cuculie du Bouillon blanc se seraient adaptées pour se nourrir de feuilles du Buddléia à défaut de leurs véritables plantes hôtes. "La nature retrouve toujours son chemin... "
- Le nectar du Buddleia davidii bien que produit en quantité, est pauvre en sucre par rapport à d’autres fleurs. Il est donc moins nourrissant pour les insectes. À noter que seuls les lépidoptères qui possèdent une trompe peuvent se nourrir de ce nectar. Quelques bourdons arrivent à découper la corolle pour y puiser une partie de celui-ci. On peut aussi apercevoir de temps à autre quelques syrphes et même une ou deux abeilles sauvages sur les fleurs, mais c'est plus rare.
- La majeure partie des variétés de Buddleias davidii vendus dans le commerce sont stériles, contrairement à ce que semble penser l’opinion publique. Inutile donc d’invectiver le malheureux qui range les palettes dans votre jardinerie du coin parce qu’ils vendent des Buddléias. Seule l’espèce type est invasive et elle n'est plus en vente.
- Les autres espèces et hybrides de Buddléia ne posent aucuns problèmes : B. globosa, B. alternifolia, B. nivea…
Par quoi remplacer le Buddleia ?
Si vous souhaitez agir via le principe de précaution et éviter de planter un « arbre à papillon » et bien faites-le ! Mais remplacez-le par des plantes indigènes ou semi-indigènes (Europe de l’Est) et en laissant des parties sauvages dans votre jardin dans lesquels vous n’interviendrez que très peu. Histoire de faire les choses vraiment à fond pour tenter de sauver ce qui reste comme papillons et d’éviter ainsi de tomber dans l’hypocrisie générale. Le grand classique étant les donneurs de leçons du dimanche qui vont vous houspiller, car vous avez une plante chinoise dans le jardin, mais qui mangent des tomates en hiver, roule dans un 4X4 diesel et prennent l’avion quatre fois par an. Bref, ce sont souvent de beaux parleurs… Laissons-les parler et avançons !

En conclusion
Je ne jette pas la pierre aux naturalistes. Loin de là... Leur combat est juste et nécessaire. En réalité, s’ils paraissent par moment de mauvaise foi ou carrément sectaires : c’est avant tout par nécessité ! Cela fait des dizaines d’années que personne ne les écoute sur les sujets environnementaux. Ils ont donc décidé d’adopter un langage plus facile à comprendre pour le commun des mortels par l’utilisation de conseils simples et précis, ici dans notre exemple : « Ne plus planter et arracher tous les Buddléias ! » Étant donné ce qu’il se passe de nos jours, ils sont bien obligés de hausser le ton et tant pis, si dans l’histoire les autres buddléias trinqueront avec le premier…
Mais il convient néanmoins de prendre les informations qui circulent sans filet sur internet avec de grosses pincettes et de faire ses propres recherches. Peut-être qu'effectivement le nectar est une drogue. Peut-être pas... Cela fait des années qu'on ressort cette information, aussitôt démentie par une autre équipe de recherche, et puis non... ou bien... peut-être... ça dépend... Bref, on n'en est encore qu'aux spéculations.
J'ai personnellement réalisé des inventaires sur les lépidoptères diurnes et semi-nocturnes (comme le Moro sphinx) durant trois ans chez moi. J'ai pu y voir une très nette augmentation du nombre de papillons ainsi qu'une plus grande diversité au niveau des espèces. Pourtant, il me reste bel et bien un Buddléia. Mais celui-ci est entouré de plusieurs ares de paradis pour insectes, car j'y ai planté moult végétaux indigènes (ou non) et j'ai laissé quelques parties sauvages. Comme quoi, cet arbuste n'a pas l'air si méchant que cela.
À l'heure où j'écris ces lignes, je ne vois qu'un seul Vulcain sur mon "arbre à papillon" tandis qu'un fenouil sauvage, une belle surface d'origan, un Eringyum planum et un Hylotelephium spectabile semblent être "ze plèsse toubi" pour les lépidoptères en ce moment.
Je vous encourage donc à vous aussi vous lancer dans l'étude des papillons ou des insectes en général, à tirer vos propres conclusions et à garder un esprit critique quoi qu'il arrive.
Peut-être l’avez-vous constaté cet été mais, avec les beaux jours, les naturalistes ont marqué un petit retour, en particulier sur les réseaux sociaux… Et, comme tous les ans, une certaine catégorie d’entre eux sont montés au créneau contre une plante exotique. Cette année, c’est le Buddleia appelé « arbre à papillon » qui fait particulièrement […]
Face à un été 2019 très marqué par la sécheresse et la canicule, nous avons souhaité faire le point sur le comportement des jardiniers face aux températures extrêmes de l’été et appréhender l’évolution des pratiques. Vous avez été nombreux à répondre à notre grande enquête * et nous vous en remercions.
En effet, et même si depuis près de trois ans, nous avons noté un réel effort de nos clients les plus expérimentés pour planter de manière adaptée à leur région. Il nous a paru important de vérifier si la sécheresse exceptionnelle de cette année avait ou non transformé ce lent mouvement souterrain en vraie tendance de consommation.
Et les résultats confirme ce que nous pressentions :
- La sécheresse 2019 a occasionné des dégâts de grande ampleur
- 96 % des jardiniers français interrogés envisagent de modifier leurs pratiques et d’adapter leur jardin à la nouvelle donne climatique.
Les points essentiels, à retenir
Outre ces deux éléments majeurs, voici les principales conclusions de l'enquête :
- Plus d’un jardin sur deux a été impacté fortement à très fortement par la sécheresse,
- + 90 % des jardiniers interrogés ont mis en place des mesures concrètes pour lutter contre la sécheresse cet été,
- Malgré les mesures de restriction en eau, près de 50% des personnes interrogées ont accru leur arrosage, souvent de manière inadéquate,
- Ils sont 62% à considérer qu’un changement fort à très fort de leurs pratiques au jardin est nécessaire face au changement climatique,
- Ce changement passe très majoritairement par le choix de végétaux résistants au manque d’eau.

Des dégâts de grande ampleur dans les jardins
Pour 53% des français interrogés, la sécheresse estivale a eu un impact fort à très fort sur leur jardin. Au-delà de la pelouse entièrement grillée (42%), sans conséquence puisqu’elle reverdira naturellement à l’automne, les jardiniers ont constaté des dégâts importants sur les fleurs et feuillages d’ornement (53%), ainsi qu’au potager (42%).
Il est intéressant de noter que près de 20% d’entre eux ont perdu des végétaux installés depuis longtemps dans leur jardin.
Les dégâts ont été plus importants dans les régions qui ont connu la plus forte sécheresse, notamment en Bourgogne Franche Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Occitanie, Pays de la Loire.
... qui ont provoqué une réelle prise de conscience des jardiniers
Cet été, 93% des jardiniers interrogés ont mis en place des mesures concrètes pour lutter contre la sécheresse : arrosage (63,1%), paillage (62,5%) et binage (27,4%) ont été les 3 gestes les plus adoptés.
Essentiels face au manque d’eau, ces pratiques se généralisent parmi les jardiniers, mais nécessitent encore un effort d’évangélisation important.

Arrosage : un dilemme fort et des pratiques encore peu appropriées
Dans un contexte où l'arrosage automatique reste minoritaire (15,2%) mais une option envisagée pour l’été prochain (8%),
- les jardiniers sont plus de 45% à avoir supprimé ou réduit l'arrosage du jardin pour respecter les mesures de restrictions d’eau imposées dans 87 départements de France métropolitaine cet été.
- Mais ils restent encore près de 50% à l’avoir accru, de manière pourtant peu appropriée pour la plupart d’entre eux.
Michaël le Bret, responsable des collections végétales chez Promesse de Fleurs rappelle, à ce propos :
« Il est plus important que jamais de continuer à informer les jardiniers sur les bonnes pratiques en cas de sécheresse : un arrosage peu fréquent mais abondant est préférable, et un sol correctement paillé et fréquemment biné conserve 6 fois plus longtemps l'humidité qu'un sol laissé à nu. »

La collecte et le recyclage de l’eau de pluie est une mesure ancrée dans les habitudes des jardiniers. Ils sont en effet plus de 62% à recycler l'eau de pluie pour arroser leur jardin. Et ils pratiquent cette astuce économique et écologique depuis longtemps. 24% ne la recyclent pas mais pensent tout de même à le faire.
Une révolution des pratiques de jardinage est en cours
A l’avenir, 96,7 % des français interrogés envisagent d’aller plus loin dans la modification de leurs pratiques et d’adapter leur jardin à la nouvelle donne climatique. Ils sont 62% à considérer qu’un changement fort à très fort de leurs habitudes est nécessaire.
Cette prise de conscience se traduit par le projet de planter des végétaux moins exigeants en eau (65,9%), d’adopter des végétaux mieux adaptés au climat et au sol (53,2%), de favoriser la biodiversité au jardin (44,3%), et enfin de planter des arbres pour créer des zones d’ombre (24,5%).
Les plantes plébiscitées par les jardiniers interrogés sont les suivantes :
- des vivaces résistantes à la sécheresse (82,6%)
- des feuillages décoratifs, tels que la cordyline ou le phormium (23,3%)
- des succulentes, comme l’agave ou la joubarbe (19,6%)
- des arbres de type méditerranéen, tels que palmier ou olivier (13,9%)

Cordyline australis Pink Passion, Agave havardiana, Trachycarpus fortunei, Olivier
Parmi les régions dans lesquelles les intentions de changements de pratiques sont les plus fortes, on notera la Corse, l’Occitanie, et Provence-Alpes-Côte d’Azur. A l’inverse, ces intentions sont moins fortes en Bretagne et en Normandie.
La filière horticole doit répondre à la mutation
Pour la filière horticole, secouée par 15 ans de crise, répondre à la mutation accélérée de la demande est absolument critique : il faut enrichir les gammes de variétés demandant peu d'entretien et supportant bien le manque d'eau, et répondre à une demande croissante d'expertise et de conseil.
Sur le site Promesse de Fleurs, la sécheresse de cet été a incontestablement modifié en profondeur la nature des achats des jardiniers. Sur la période de mi-juin a fin-août 2019, les ventes de plantes vivaces méditerranéennes ont bondi de 40% par rapport à 2018.
Sur certaines familles végétales typées terrain sec, c'est une véritable explosion : armoises (+63% de ventes), lavatères et mauves (+200%), valériane (+220%), kniphofias (+115%).
En revanche, les jardiniers se sont détournées des plantations typiques d'un été pluvieux comme les annuelles pour jardinière (-20%), les bulbes à floraison printanière (-30%), les plantes vivaces de terrain humide (-10%), avec des chutes spectaculaires pour des familles emblématiques de terrain frais comme les digitales et les anémones du Japon (-40% chacune).
Du coté des arbustes, on note la progression des palmiers (+60%) et des hibiscus (+70%).
Sur le site de Promesse de Fleurs, le montant du budget consacré à l'écriture de conseils jardin est quatre fois plus élevé que celui consacré à la publicité et explique une croissance soutenue de l’activité depuis 10 ans. Cet été, un article sur les 10 vivaces résistantes à la sécheresse a ainsi vu son trafic multiplié par 6 par rapport à l’été 2018, tandis que ceux sur l’arrosage du jardin en période de canicule ou les 10 alternatives au gazon ont doublé.
Aujourd'hui, la tendance, réconfortante, est à une demande de conseils centrée sur l'adaptation à un terroir.
* Enquête réalisée en ligne auprès d’un panel de 5800 consommateurs, qui jardinent régulièrement et qui disposent d'un jardin, balcon ou terrasse. L'échantillon est représentatif de la population des jardiniers français sur les critères du sexe, d'âge, et de région
Face à un été 2019 très marqué par la sécheresse et la canicule, nous avons souhaité faire le point sur le comportement des jardiniers face aux températures extrêmes de l’été et appréhender l’évolution des pratiques. Vous avez été nombreux à répondre à notre grande enquête * et nous vous en remercions. En effet, et même […]
Qui n’a pas entendu parler du marc de café et de son utilisation pour les plantes du jardin ?
Ce produit simple, gratuit, à la portée de tous, fait partie des astuces les plus populaires sur internet… ce formidable monde où, tous les deux jours, une nouvelle pratique révolutionnaire ou un secret de grand-mère (qui vous fournira une courgette de cinq kilos en à peine dix-sept minutes ou exterminera toutes les limaces à 3 km à la ronde) pointe le bout de son nez. Tout cela est bien vite relayé par toute la communauté internet avec ce maître mot "tout ce qui est sur internet est vrai !" et les quelques rares personnes à l'esprit critique et scientifique sont aussitôt muselées par le spectre de la théorie du complot.
Osons donc poser la question qui dérange : le marc de café, au jardin, info ou intox ?
Après tout, on en parle depuis un bon moment de ses bienfaits au jardin et il serait étrange que finalement, tout cela ne soit que fumisterie...

Le marc de café et ses nombreuses utilisations au jardin
Le marc de café, un bon engrais, riche en azote, phosphate... et tout le reste...
C'est la première chose que l'on avance lorsqu'on parle des bienfaits du marc de café au jardin : sa teneur en azote.
Le marc de café contient effectivement entre 2 et 3 % d'azote ce qui n'est pas si mal mais c'est un azote qui n'est pas assimilable directement par les plantes. Le marc de café doit être composté pour délivrer son azote.
Les teneurs en potassium (0.6%) et en magnésium (0.3%) ne sont pas négligeables, ainsi que pour le phosphore (0.05%) et le cuivre (0.03%). Ces différents éléments sont, quant à eux, immédiatement assimilables par les plantes et dans des teneurs pouvant éloigner les risques de carence.
En revanche, les teneurs en manganèse, zinc, calcium et fer sont bien trop faibles pour en tenir compte.
Notez aussi que le marc de café contient une bonne quantité de matières organiques mais un rapport Carbone/Azote de 24/1. Cela veut dire qu'il n'y a pas assez d'azote pour permettre une décomposition du carbone. En pratique, un apport de marc de café directement sur le sol aura pour conséquence que l’azote devra être pompé du sol pour initier la minéralisation. Cet azote ne sera donc plus assimilable par les plantes : elles seront carencées, c'est la faim d'azote. La décomposition de cette matière organique se fera de plus très lentement.
En résumé,le marc de café est riche de pas mal d'éléments nécessaires à la croissance des plantes mais pas plus, même souvent moins, qu'un autre amendement comme du compost bien mûr par exemple. Il est aussi à utiliser avec parcimonie pour éviter les faims d'azote.
Le marc de café, un allié pour lutter contre les "nuisibles" ?
La caféine qui persiste dans le marc de café possède effectivement un pouvoir répulsif, voire biocide pour les insectes ravageurs mais aussi pour les autres arthropodes utiles au jardin et surtout les vers de terre.
C'est un répulsif assez efficace contre les fourmis donc par extension pour éviter, par la suite, une invasion de pucerons. En revanche, placer du marc de café au pied de plantes envahies de pucerons ne servira à rien car ceux-ci ne descendent pas au sol.
Les mollusques, dont les limaces et les escargots, ne sont pas sensibles directement au marc de café. Ils peuvent à la rigueur en être incommodés physiquement par temps sec, si vous entourez vos plantes fragiles d'une barrière "physique" de marc de café. Comme la cendre, cela ne fonctionne plus par temps humide.
En bref, l'action du marc de café pour lutter contre les ravageurs est faible et peut être risquée. Un apport en trop grande quantité peut avoir des conséquences désastreuses sur la faune de votre jardin comme dans le tas de compost. Méfiance donc...

Le marc de café, une solution pour lutter contre les maladies dues à des champignons ?
Aucune publication scientifique n'a pu séparer le vrai du faux sur cette affirmation. Pour l'instant, les chiffres des essais en champs ne sont pas concluants. Mais si c'est vraiment le cas, on peut supposer que le marc de café "ne fera pas de différence" entre les contaminants fongiques et la flore bénéfique du sol. Encore une fois, la prudence est de mise.
Le marc de café, une aubaine pour les plantes de terres acides ?
Le marc de café possède un pH aux alentours de 6-6,5. On pourrait supposer qu'une fois sur le sol, ce dernier s'acidifiera pour le plus grand bonheur de nos plantes dites de "terre de bruyère".
En réalité, comme tout apport organique, on observera une légère acidification lors de la décomposition et de la minéralisation. Mais le pH remontera par la suite pour s’approcher de la neutralité.
Donc, un "coup dans l'eau", le marc de café n’acidifiera par la terre.
Le marc de café, un inhibiteur de croissance ?
Des recherches sont en cours pour déterminer si un dérivé du marc de café pourrait servir un jour d'herbicide non-sélectif (et oui, encore...). Car en effet, le marc de café peut ralentir fortement la croissance des végétaux, voire tuer certaines plantes comme c'est le cas notamment des solanacées comme les tomates, les aubergines et même les pommes de terre.
Pour l'instant, les chercheurs n'ont pas su démontrer quel composé pouvait avoir ce pouvoir inhibiteur mais ont déjà conclu que ce n'était pas la caféine.
Le marc de café, un accélérateur de compost ?
On l'a vu plus haut, à haute dose, le marc de café, ou plutôt la caféine qu'il contient encore, peut tuer les vers, notamment les vers de compost si utiles.
C'est alors le contraire de ce que nous espérions qui arrive. Nous pensions aider les vers composteurs en les "boostant" un peu et boum patatra, les voilà qu'ils meurent. Tout est question de dosage... Si vous souhaitez vraiment activer ou accélérer un compost, privilégiez plutôt un apport de feuilles de consoude, d'ortie ou de fougères ou même un peu de compost bien mûr. Ce sera plus sûr...
En conclusion
Quelques bienfaits du marc de café peuvent être mis en évidence : un apport de nutriments, un effet répulsif léger, mais ils sont accompagnés, hélas, de beaucoup trop d'inconvénients pour s'en servir sans réfléchir. Comme pour tout les amendements finalement.
Le marc de café n'est pas un produit miracle mais juste... du marc de café. N'espérez donc pas voir votre jardin se transformer du jour au lendemain en paradis végétal, uniquement parce que vous aurez saupoudré du marc de café un peu partout. Non, cela c'est la nature qui s'en chargera et... le jardinier.
Qui n’a pas entendu parler du marc de café et de son utilisation pour les plantes du jardin ? Ce produit simple, gratuit, à la portée de tous, fait partie des astuces les plus populaires sur internet… ce formidable monde où, tous les deux jours, une nouvelle pratique révolutionnaire ou un secret de grand-mère (qui vous […]






