Les palmiers, plantes exotiques et majestueuses de climat doux, ont deux principaux ennemis sous nos latitudes : le charançon rouge, qui est la larve d'un coléoptère nommé Rhyncophorus ferrugineus, et la chenille d'un papillon appelé Paysandisia archon. Ces deux ravageurs peuvent occasionner des dégats majeurs, allant jusqu'à la mort de l'arbre.
Le premier, le charançon rouge des palmiers, fait d'ailleurs l'objet d'une décision de la Commission Européenne datant du 25 mai 2007 qui impose des mesures d'urgence destinées à empêcher son introduction et à limiter sa propagation. En France, l'arrêté du 21 juillet 2010 rend par ailleurs la déclaration du foyer d'infestation obligatoire et la prise de mesures immédiates de prévention et d'élimination. Introduit dans des plants importés il y a quelques années, ce coléoptère sévit aujourd'hui dans le Var, les Bouches du Rhône, les Alpes Maritime et la Corse, ainsi que dans une partie de la région Occitanie. Il s'installe plus volontiers sur le Phoenix canariensis, mais peut s'attaquer au palmier coco (Cocos nucifera), Brahea armata, Butia capitata, Chamaerops humilis, Livistona australis, Phoenix dactylifera, Phoenix, Sabal umbraculifera, Trachycarpus fortunei le Palmier de Chine ainsi que les Washingtonia. Cet insecte peut donner naissance à 4 générations dans une année, multipliant sa population par près de 40 tous les 4 mois.
Rhyncophorus ferrugineus est un grand coléoptère qui mesure 2,5 cm de long en moyenne, de couleur rouge brique avec des rayures noires sur les élytres. Il est équipé d'un long rostre, un organe suceur qui lui permet de creuser un trou dans le stipe ou faux tronc des palmiers. Sa larve, dodue et de couleur crème, présente une petite tête brune. Le problème est que les symptômes n'apparaissent que tardivement : les palmes se déforment, sèchent puis tombent, et une odeur fétide et un liquide brunâtre émane du stipe. Il conviendra de traiter dès le mois de mars, jusqu'en juin, ainsi qu'en septembre-octobre. La présence des adultes sera délecée à l'aide de pièges à phéromones, entraînant l'application de nématodes spécifiques.
Le deuxième ennemi des palmiers, le Bombyx du palmier ou Sphinx du palmier appelé Paysandisia archon, est un grand papillon diurne originaire de l’Uruguay et du centre de l’Argentine introduit accidentellement en France dans les années 1990. Il sévit principalement en Espagne, en Catalogne mais aussi en France. Ce ravageur s'installe sur différentes espèces de palmiers parmi lesquelles le Palmier nain Chamaerops humilis, le Dattier des Canaries Phoenix canariensis, les Palmier-dattier Phoenix dactylifera et Phoenix reclinata, des Livistona, le palmier de Chine Trachycarpus fortunei, le Washingtonia filifera et ceratins Sabal.
C'est sa larve, une grosse chenille blanchâtre, grasse, de 8 à 10cm de long, qui cause des dégats très sérieux : elle perfore les palmes, y creuse des trous et des galeries, provoquant ainsi le dessèchement des palmes et à terme la mort du palmier. La présence de trous à la base des rachis, les nervures principales des palmes, de sciure sur le stipe, de perforation des palmes et de cocons sont les symptômes habituels. Le papillon, quant à lui, mesure 9 à 11 cm d'envergure, la femelle étant généralement plus grande que le mâle mais aussi moins colorée. Ses ailes antérieures sont de couleur vert-bronze foncé striées de brun, les ailes postérieures sont d'un rouge orangé brillant avec des marques noires et blanches. Il dispose d'antennes en forme de massues. Ce papillon vole de juin à septembre, il se repère sans difficulté aux heures les plus chaudes de la journée, entre 12h et 14h30, non loin des palmiers.
La boîte NemaPalmiers de Biotop contient les nématodes mélangés à de la poudre d'argile comme excipient pour faciliter l'application. Il est ici question de l'espèce Steinernema carpocapsae, un ver du sol blanchâtre et minuscule naturellement présent dans les sols européens, par conséquent résistant au froid. Les nématodes du NémaPalmier parasitent le charançon rouge du palmier aux stades larvaires et adultes ET le papillon ravageur du palmier aux stades larvaires. L'efficacité de ce traitement est évaluée à 100% lorsqu'il est bien conduit.
Après l'application sur le sommet du stipe et sur les feuilles des palmiers, les nématodes recherchent activement leur cible et pénètrent dans celle-ci par ses voies naturelles. Leur système digestif libère alors des bactéries spécifiques qui 'digèrent' les tissus de l'hôte qui sont ainsi facilement assimilés par les nématodes. Les larves parasitées meurent en 24 à 48 heures, libérant de nouveaux nématodes qui partiront en quête de nouvelles proies. L'application des nématodes se fera par pulvérisations sur végétation humide. Il est très important d'utiliser les nématodes le plus rapidement possible après réception pour éviter tout risque de baisse d'efficacité. Dans l'attente, conservez la boîte dans un réfrigérateur à une température de 4 à 12°C (conservation maximum jusqu'à la date limite d'utilisation indiquée sur l'emballage). Il ne faut jamais exposer les nématodes au soleil car ils sont très sensibles aux rayons U.V.
L'application peut se faire de manière préventive ou curative. Le traitement est possible quand la température interne du palmier, que l'on peut mesurer à l'aide d'un thermomètre à viande, est comprise entre 14 et 35°C. Ne pas utiliser de traitements chimiques moins de 1 semaine avant l'application et pendant 1 mois après. Attention également à certains fongicides qui peuvent être toxiques (notamment spécialités à base de carbendazime, dodine, soufre…). Proscrire toute utilisation de nématicides.
LE PRINCIPE DU BIOCONTRÔLE :